Un an après la déception, Yannick Noah peut cette fois sourire pour de bon. La Team Europe a remporté la Laver Cup 2026 à l’O2 Arena de Londres en dominant la Team World 13-5.
Alexander Zverev a apporté les derniers points à son équipe en dominant Learner Tien en deux sets. Une conclusion idéale pour une formation européenne qui avait abordé cette édition avec un esprit de revanche après sa défaite de l’année précédente.
Noah : « L’année dernière, je l’avais pris personnellement »
Au moment de dresser le bilan, Yannick Noah a d’abord insisté sur la dimension humaine de son expérience. Le Français explique avoir découvert au cours de ses deux années de capitanat des joueurs qu’il connaissait finalement assez peu personnellement.
« Pouvoir simplement m’asseoir avec eux a été une expérience très importante et très forte, parce que j’aime ce jeu. J’aime le tennis. Je suis un ancien joueur, mais j’aime ce jeu. Pour moi, être assis avec des joueurs de cette qualité, c’est quelque chose d’incroyable. »
Mais derrière l’émotion se cachait également une petite revanche personnelle. En 2025, Noah avait vécu difficilement la défaite de son équipe.
« L’année dernière, sur le papier, nous étions censés gagner. Même si j’essayais d’en plaisanter, nous avons perdu. Donc je l’ai pris personnellement, parce que je les vois gagner tous ces matchs et, dès que je m’assois avec eux, ils perdent. Je me suis senti comme une merde. »
Une mésaventure qui lui avait ajouté une certaine pression avant cette nouvelle édition.
« Cette année, j’avais un peu de pression. Je ne vais pas vous mentir. J’avais un peu de pression. Ça signifie beaucoup. Cet événement signifie beaucoup. »
Cette fois, le scénario a été bien différent.
« On a gagné. On a gagné la Laver Cup 2026. Donc j’en suis très heureux. »
Zverev : « C’était important pour moi de conclure aujourd’hui »
C’est Alexander Zverev qui a eu la responsabilité de terminer le travail. Une mission qui n’était pas anodine pour l’Allemand.
Battue par Alex de Minaur la veille, la récente double vainqueur en Grand Chelem reconnaît avoir ressenti davantage de pression au moment d’affronter Tien.
« J’ai clairement ressenti un peu de pression aujourd’hui à cause du match que j’ai perdu hier. Je suis extrêmement heureux que Tim, Yannick et le reste de l’équipe aient toujours eu confiance en moi pour conclure. »
Zverev restait en plus sur trois défaites consécutives en Laver Cup. Mais après un premier set accroché, il a finalement dominé Tien pour offrir le titre à l’Europe.
« Je savais que cet événement était très, très différent de tout le reste, mais je pense que c’était important pour moi de conclure aujourd’hui. »
L’Allemand a également insisté sur le rôle joué par ses coéquipiers après sa défaite de la veille.
« J’étais assez abattu et je pense que l’équipe m’a vraiment aidé à me relever et à aller de l’avant. »
Alcaraz rassuré par son niveau après cinq mois d’absence
Pour Carlos Alcaraz, cette Laver Cup avait une importance différente. De retour depuis peu après cinq mois d’absence, l’Espagnol avait besoin d’accumuler les matchs et surtout de tester son corps.
« C’est mon deuxième tournoi, donc j’ai besoin d’accumuler les matchs, de retrouver un bon rythme et de voir comment mon corps va réagir. »
Entre les simples, le double et l’enchaînement des rencontres, Alcaraz a trouvé exactement le type d’intensité qu’il recherchait.
Et son bilan est encourageant :
« Je suis vraiment heureux d’avoir pu jouer quelques matchs ici, de voir que mon niveau est bon, heureux d’avoir joué et, évidemment, gagner la Laver Cup avec ces gars est toujours spécial. J’adore cette sensation. »
Au-delà de son état physique, Alcaraz explique que cette semaine lui a également permis de retrouver une dimension essentielle après sa longue absence : le plaisir.
« J’utilise ce tournoi pour retrouver ma joie »
Interrogé sur la fatigue provoquée par le calendrier, Alcaraz a d’ailleurs été gentiment repris par Zverev.
« Tu te sens épuisé ? Tu as eu quatre mois de vacances », lui a lancé l’Allemand.
« Je sais, mais il faut bien se plaindre parfois », a répondu Alcaraz, provoquant les rires.
L’Espagnol a ensuite expliqué plus sérieusement ce que la Laver Cup lui avait apporté.
« Il faut utiliser tout ce qu’on peut à son avantage et, par exemple, j’utilise ce tournoi pour retrouver ma joie. J’adore jouer. »
Le format collectif lui permet notamment de vivre la compétition différemment du reste de la saison.
« Cette semaine m’aide beaucoup à retrouver mon plaisir quand je joue, à retrouver mon meilleur tennis sur le court, et ça va beaucoup m’aider pour le prochain tournoi. »
Une revanche collective pour la Team Europe
La victoire prend ainsi une saveur particulière pour plusieurs membres de l’équipe. Zverev a souligné l’importance du soutien reçu après sa défaite, tandis que Rafael Jodar, qui découvrait la compétition, a raconté avoir été accompagné dès son arrivée par les joueurs les plus expérimentés.
Noah n’a d’ailleurs pas oublié de partager le mérite avec son vice-capitaine Tim Henman, qu’il a présenté avec humour comme celui qui effectuait « tout le travail difficile », pendant que lui chantait le soir.
Après la défaite de 2025, la Team Europe retrouve donc le trophée au terme d’une édition largement maîtrisée. Et pour Noah, au-delà du résultat, le souvenir restera celui d’une aventure qu’il n’a pas l’habitude de vivre sur le circuit.
« Comme groupe, c’est très inhabituel pour nous de vivre ce genre de moments. Moi, je le savoure. Je vais avoir une belle photo avec mes gars quelque part. On a gagné la Laver Cup 2026. »