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WTA 1000 Montréal 2025 : le récit d’un tournoi pas comme les autres

Le WTA 1000 de Montréal s’est achevé avec le couronnement de la jeune Victoria Mboko. Mais tout au long du tournoi, des évènements forts ont rythmé une édition 2025 qui restera dans les mémoires.
Victoria Mboko, Marta Kostyuk, Eugénie Bouchard et Coco Gauff se sont chacune illustrées à leur manière durant le tournoi de Montréal (Getty Images)

Le tournoi de Montréal s’est clôturé cette nuit. Avec lui, le souvenir âpre de la finale du tableau féminin de Wimbledon s’est estompé. Les débats légitimes sur le format en douze jours des Masters/WTA 1000 ont fléchi.

Pour cause, des temps forts ont jalonné l’édition féminine de l’Open du Canada, du triomphe de Victoria Mboko à la domination retrouvée de Naomi Osaka, en passant par les adieux touchants d’Eugénie Bouchard devant son public ou de nombreux matchs thrillers.

La dernière bataille d’Eugénie Bouchard

Montréal, 28 juillet. Au lendemain de la victoire morose de Bianca Andreescu, blessée sur balle de match, les Canadiens redoutaient de savoir si elle pourrait rejouer. Et si l’annonce de son forfait a eu lieu, l’une de ses compatriotes s’est chargée d’amener le sourire en tribunes : Eugénie Bouchard.

À 31 ans, Bouchard n’avait plus remporté un match sur le circuit principal depuis 2023. Après l’obtention d’une invitation pour le tournoi, elle avait annoncé qu’elle y mettrait un terme à sa carrière. Son premier tour face à Emiliana Arango, 82e mondiale, prenait ainsi des allures d’adieux. Mais ce soir-là, Bouchard a invoqué un tennis qui sommeillait dans sa raquette depuis très longtemps.

Elle a livré un match convaincant de joueuse du top 100, comme si elle ne l’avait jamais quitté. Sur le score de 6-4, 2-6, 6-4, Eugénie Bouchard a retardé son départ à la retraite. « Mon esprit est retourné au Montréal d’avant, quand je jouais ici et que j’étais portée par la foule. J’ai retrouvé des sensations, des gestes que je n’utilise même plus au pickleball. Ils étaient toujours là, quelque part en moi », a-t-elle dit après sa victoire.

Adversaire suivante ? Belinda Bencic, 20e mondiale et tout juste demi-finaliste à Wimbledon. Face à l’élite du circuit, « Génie » Bouchard a une fois de plus rendu électriques les tribunes du court central.

Menée d’un set, la Canadienne a délivré une deuxième manche proche de la perfection (14 coups gagnants pour trois fautes directes) et s’est inclinée au terme d’un très grand duel. Finaliste à Wimbledon en 2015 et ancienne 5e mondiale, Eugénie Bouchard n’a peut-être pas gagné Montréal, mais elle a tiré, chez elle, la plus belle des révérences.

Le cauchemar de Coco Gauff

La 2e mondiale Coco Gauff a disputé deux matchs fous à Montréal. Le premier d’entre eux s’est décliné en 2h54 d’un douloureux combat face à Danielle Collins – laquelle a mené d’un set et d’un break avant de servir pour le gain du match. Autrice de 23 doubles fautes, Gauff a trouvé un moyen de survivre malgré les voyants au rouge que sa performance renvoyait.

Opposée à Veronika Kudermetova au tour suivant, la jeune Américaine a remis le couvert : 2h32 de labeur, l’avantage d’un set et d’un break pour la Russe et… 14 doubles fautes.

Si la qualité de seconds services de Gauff peut être questionnée pour une championne de son rang, sa résilience, elle, impressionne. Mais le mental ne permet pas toujours de l’emporter : Gauff a craqué en huitième de finale au bénéfice d’une incroyable Victoria Mboko.

Coco Gauff a vécu l’enfer sur ses trois matchs disputés à Montréal (Getty Images)

Mais une championne se relève toujours et Coco Gauff n’a pas quitté Montréal les mains vides. La jeune Américaine a remporté le titre en double aux côtés de McCartney Kessler. Comme un clin d’œil à ses tourments en simple, elle a signé une double faute sur la troisième balle de titre. La cinquième fut heureusement la bonne.

Kostyuk et Muchova, la renaissance au bout du suspense

Un poignet meurtri…

Six défaites consécutives, c’était le fardeau traîné par Marta Kostyuk en arrivant à Montréal. Lorsqu’elle s’est retrouvée menée d’un set et d’un break par Marketa Vondrousova, récente vainqueure à Berlin, tout portait à croire que la série de défaites s’étendrait.

Marta Kostyuk a fait mieux que renverser la situation et signer l’un de ses meilleurs matchs depuis des mois : elle a réitéré ce scénario sur ses deux matchs suivants, face aux têtes de série n°15 et n°28. L’intensité de l’exploit lui a néanmoins été fatale : lors de son quart de finale face à Elena Rybakina, Kostyuk n’a eu d’autre choix que d’abandonner à cause de son poignet.

… Et un autre poignet retrouvé

Un second poignet a fait des siennes sur le circuit : celui de Karolina Muchova. En raison d’une blessure, la finaliste de Roland-Garros 2023 a joué quatre matchs sur les quatre derniers mois – sans utiliser son revers à deux mains.

Mais la Tchèque est arrivée à Montréal enfin libérée de ses douleurs. Après un premier tour sans accroc, elle a signé en 2h44 sa seconde victoire de l’année contre une top 20, Belinda Bencic.

La belle histoire de cette grande blessée est passée, à un point près, de se poursuivre jusqu’en quart de finale. Muchova s’est procurée deux balles de match face à la 8e mondiale Madison Keys après une intense bataille.

La joueuse de variations affrontait l’un des meilleurs coups droits du circuit, doublé, ce soir-là, d’un retour de service canon. Keys l’a emporté au bout de l’effort grâce à une magnifique prestation.

Swiatek, Paolini, Pegula : une bonne dose d’upsets

Clara Tauson a atteint les demi-finales à Montréal en battant Iga Swiatek sur son chemin. Si Swiatek a peut-être dormi sur ses deux oreilles grâce à son titre à Wimbledon et le sentiment d’avoir perdu face à une joueuse en pleine ascension, Jasmine Paolini a sans doute eu plus de mal à trouver le sommeil.

L’Italienne a vécu un cauchemar face à Aoi Ito, 110e mondiale et véritable sensation.

La Japonaise est dotée d’un jeu imprévisible qui casse le rythme, et d’une main capable de sortir n’importe quel coup depuis toutes les zones du terrain. Pour une joueuse de fond de court comme Paolini, le calvaire s’est transformé en échec à l’issue du tie-break du troisième set ; elle s’était pourtant offerte une balle de match dans la première manche.

La surprenante Ito a failli poursuivre son périple inattendu en passant à deux points du match au troisième tour face à Jessica Bouzas Maneiro.

La palme de la contre-performance revient sans équivoque à Jessica Pegula, double tenante du titre à l’Open du Canada. Non seulement l’Américaine a été battue dès son deuxième match, mais en plus son bourreau du jour était classé à la… 386e place mondiale !

Anastasija Sevastova, 35 ans, est revenue à la compétition en avril dernier. Son coup d’éclat laissera un mauvais souvenir à Pegula, qui, après la perte de son titre, devra défendre une finale à Cincinnati.

Osaka – Samsonova, le match qui a tout fait basculer

6-4, 5-4, 40-15. À ce stade de la rencontre, Liudmila Samsonova avait toutes les clefs en main pour écarter Naomi Osaka dès le deuxième tour. C’était sans compter deux facteurs essentiels : l’incapacité chronique de la 16e mondiale à tenir son rang lorsqu’un match devient tendu, et l’incroyable compétitivité de la championne qui lui faisait face.

Naomi Osaka a sauvé deux balles de match consécutives sur le service adverse, a remonté un déficit de 5-2 dans le tie-break et a complètement renversé le cours du match. La Japonaise a remporté le combat sur le score de 4-6, 7-6, 6-3 avec une expression de libération totale.

Un cap à la fois tennistique et mental a été franchi : Osaka est redevenue une serveuse imparable et a surclassé ses adversaires suivants. Elle a perdu 11 jeux… en trois matchs. En demi-finale, Osaka a également écarté Clara Tauson et s’est qualifiée en finale d’un WTA 1000 pour la première fois depuis Miami en 2022.

Victoria Mboko, l’éclosion d’une star

Il fallait bien l’héroïne de tout un peuple pour arrêter cette version de Naomi Osaka en finale. Victoria Mboko, 18 ans et 85e mondiale, a fait tomber les vainqueures de Grands Chelems une à une (Sofia Kenin, Coco Gauff, Elena Rybakina), et sur la dernière marche, elle n’a pas trébuché.

Osaka, de son côté, s’est totalement effondrée alors qu’elle menait d’une manche à rien. Au sein d’une foule québécoise en délire, la Japonaise a donné l’impression de rendre les armes, comme si le scénario était couru d’avance.

Et elle est venue s’ajouter à l’impressionnant tableau de chasse de Victoria Mboko. L’adolescente a remporté 53 matchs en 2025, tout circuit confondu : personne n’a fait mieux. Ce tournoi sans précédent a été emporté par la tempête Mboko. Cette force inarrêtable a fait vibrer tout le Canada jusqu’à Toronto, où se disputait la finale ATP de l’Open du Canada.

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