Novak Djokovic n’a aucun regret : « J’ai battu à peu près tous les records dans ce sport »

De retour à Melbourne pour disputer son 21e Open d’Australie, Novak Djokovic a pris le temps de mesurer le chemin parcouru, d’évoquer son état physique, la quête du 25e Grand Chelem, son rapport à la fin de carrière et son regard sur l’évolution du tennis, à quelques jours de son entrée en lice.
Novak Djokovic était en conférence de presse avant de débuter son 21e Open d'Australie (Shi Tang/Getty Images) Novak Djokovic était en conférence de presse avant de débuter son 21e Open d'Australie (Shi Tang/Getty Images)
Novak Djokovic était en conférence de presse avant de débuter son 21e Open d'Australie (Shi Tang/Getty Images)

Revenir à Melbourne a toujours une saveur particulière pour Novak Djokovic, décuple champion à Melbourne. Mais cette édition 2026 revêt un caractère symbolique supplémentaire : il s’agit de son 21e Open d’Australie, le tournoi qui a façonné une grande partie de sa légende.

Mais à 38 ans, le Serbe arrive en Australie après une longue période sans compétition officielle.

Une donnée qu’il assume pleinement : « J’ai terminé ma saison en novembre, ça fait longtemps que je n’ai pas joué en compétition. Ça m’a pris plus de temps pour reconstruire mon corps. J’ai dû comprendre qu’à mon âge, ça prend plus de temps pour récupérer. »

Un léger contretemps physique l’a d’ailleurs contraint à renoncer au tournoi d’Adélaïde : « J’ai eu un petit souci physique, c’est pour ça que je n’ai pas joué à Adélaïde. Pour l’instant, tout va bien. Évidemment, il y a des jours avec de petites choses, pour moi comme pour les autres joueurs, mais je me sens bien. »

Le 25e Grand Chelem, entre ambition et détachement

Forcément, la question du 25e titre du Grand Chelem, record absolu femmes et hommes confondus, revient avec insistance. Novak Djokovic, lui, tente de prendre du recul : « Il y a beaucoup de discussions à propos du 25e, mais je me concentre sur ce que j’ai accompli, pas sur ce que je peux encore faire. Bien sûr, j’espère y arriver, mais 24 n’est pas un mauvais chiffre non plus. »

Une manière aussi de se libérer d’une pression qu’il juge inutile : « Je dois apprécier ce que j’ai déjà fait et me rappeler la carrière magnifique que j’ai eue. Je dois enlever cette pression non nécessaire. Je n’ai pas besoin de penser que c’est maintenant ou jamais. »

Mais l’ambition reste intacte, surtout à Melbourne : « Je suis reconnaissant d’avoir une autre opportunité, particulièrement ici. J’ai eu une belle victoire contre Carlos ici l’année dernière. Quand je suis en bonne santé, quand je suis capable de mettre toutes les pièces du puzzle ensemble un jour donné, je sens que je peux battre n’importe qui. »

Même si la hiérarchie actuelle place Jannik Sinner et Carlos Alcaraz au sommet, Djokovic ne se présente pas résigné : « Je sais que Sinner et Alcaraz jouent à un niveau au-dessus des autres, mais ça ne veut pas dire que les autres n’ont pas de chances. J’aime toujours mes chances, dans tous les tournois, et particulièrement ici. »

Aucun regret, et pas encore l’heure des adieux

Interrogé sur la fin de carrière, Novak Djokovic se montre catégorique : le moment n’est pas venu : « Certains athlètes peuvent avoir des regrets parce qu’ils ont raté certains accomplissements. C’est une question de perspective. Mais je suis le dernier à me plaindre ou à regretter quoi que ce soit. J’ai battu à peu près tous les records dans ce sport. »

Sa relation au tennis reste profondément émotionnelle : « Je suis reconnaissant envers le tennis de me permettre de voyager à travers le monde et de vivre mon rêve. C’est toujours mon rêve. Les accomplissements ne sont pas la seule motivation : il y a l’adrénaline, ce sentiment de compétition, qui est presque une drogue. C’est addictif. »

Et le message est clair concernant une éventuelle tournée d’adieu : « Quand la fin viendra, je vous le dirai. On pourra parler de tournée d’adieu. Mais aujourd’hui, ce n’est pas arrivé. Je suis toujours numéro 4 mondial et en compétition au plus haut niveau. »

Son départ de la PTPA et son influence sur le tennis

Cofondateur de la PTPA avec Vasek Pospisil, Djokovic est longuement revenu sur les raisons de son retrait.

« C’était difficile de quitter la PTPA en tant que cofondateur. Ça a pris beaucoup de temps avant la création en 2020, et on a mis beaucoup d’énergie. La mission était claire : donner une voix aux joueurs et permettre à plus de joueurs de vivre du tennis, notamment à des niveaux plus bas. Mon nom était utilisé partout, et j’avais le sentiment que quand les gens pensaient à la PTPA, ils pensaient que c’était mon organisation. Ça devait être l’organisation de tous les joueurs et joueuses », a-t-il déclaré.

Le procès intenté par la PTPA en 2025 a également pesé dans sa décision : « Je n’étais pas d’accord avec tout ce qui figurait dans cette plainte. J’ai décidé de ne pas faire partie des joueurs qui l’ont signée, et c’est l’une des grandes raisons de mon départ. »

Rester dans le mix malgré le temps qui passe

Enfin, Novak Djokovic a livré une analyse de son niveau en Grand Chelem l’an dernier : « Il me manque peut-être un peu de jus dans les jambes pour combattre ces gars dans les derniers tours des Grands Chelems. J’ai donné le maximum de ce que j’avais l’année dernière. »

Battre Sinner et Alcaraz reste un défi : « J’ai perdu contre eux trois fois sur quatre en Grand Chelem en 2025. Pas besoin de trop les encenser, on le fait déjà assez (rires). Ils méritent d’être là où ils sont. Ce sont les forces dominantes du tennis. »

Son objectif : durer et rester dangereux : « J’essaie de rester dans le mix. La priorité est de prendre soin de mon corps, de traiter chaque match comme une finale, tout en construisant du momentum et sans gaspiller d’énergie inutilement. J’espère pouvoir aller loin encore et avoir des chances de jouer l’un des deux, ou les deux. »

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