Longtemps, Arthur Fery était surtout connu comme le fils d’un dirigeant du football français et d’une ancienne joueuse professionnelle de tennis. Aujourd’hui, le Britannique de 23 ans est devenu l’une des plus belles histoires de Wimbledon 2026.
Invité par les organisateurs grâce à une wild-card, le 114e mondial a créé la sensation en atteignant les demi-finales de Wimbledon, une première dans sa carrière. Une performance exceptionnelle qui lui permet de devenir la première wild-card britannique de l’histoire à atteindre les demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem.
Mais qui est vraiment Arthur Fery ?
Né en France… mais devenu Britannique
Arthur Féry naît le 12 juillet 2002 à Sèvres, en région parisienne.
Quelques années plus tard, sa famille s’installe à Londres pour les activités professionnelles de son père. Le jeune Arthur grandit alors… à quelques minutes seulement du All England Club, où se déroule chaque année Wimbledon.
Il effectue sa scolarité au prestigieux King’s College School, situé à Wimbledon, avant de choisir de représenter la Grande-Bretagne sur le circuit professionnel.
Ce choix peut surprendre puisqu’il possède également la nationalité française. Pourtant, Arthur Fery ne cache pas son attachement au Royaume-Uni.
Comme il l’a expliqué à Eurosport : « Cela fait longtemps que je vis au Royaume-Uni. J’y ai passé une grande partie de ma vie. Je m’entraîne au National Tennis Centre et la fédération britannique m’a énormément aidé. (…) Aujourd’hui, je me sens vraiment très britannique. »
Le fils d’une ancienne joueuse professionnelle… et du président du FC Lorient
Le sport fait partie de l’ADN de la famille. Sa mère, Olivia Féry (née Gravereaux), a été joueuse professionnelle. Elle a participé au tableau principal du double dames de Roland-Garros 1991 avant de représenter Hong Kong en Fed Cup quelques années plus tard.
Son père, Loïc Féry, est un homme d’affaires français connu pour être le président du FC Lorient. Arthur explique que ces deux parcours l’ont énormément aidé.
À Eurosport, il confiait : « Mes deux parents ont énormément contribué à mon développement en tant que joueur. Le fait de pouvoir profiter de l’expérience de ma mère dans le tennis professionnel, ainsi que des connaissances de mon père dans le domaine du sport, m’a beaucoup aidé au moment de prendre des décisions importantes pour ma carrière. »
Pourquoi Arthur Fery a choisi Stanford plutôt que le circuit professionnel
Contrairement à beaucoup des meilleurs juniors de sa génération, Arthur Fery n’a pas immédiatement rejoint le circuit ATP.
Après le lycée, il prend une décision rare chez les futurs joueurs du Top 100 : partir aux États-Unis pour intégrer Stanford University, l’une des universités les plus prestigieuses au monde.
Pendant trois saisons, il dispute le championnat NCAA.
Le pari s’avère payant.
Il devient :
- deux fois ITA All-American ;
- joueur n°1 des États-Unis en NCAA en simple en 2022, une première pour Stanford depuis Bob Bryan ;
- joueur de l’année de la conférence Pac-12 ;
- diplômé en Science, Technology and Society.
Ce détour par l’université lui permet surtout de mûrir.
Comme il l’a expliqué à L’Équipe : « Je pense que je n’étais pas tout à fait prêt pour le circuit pro à 18 ans (…) Aujourd’hui, je me sens prêt. »
Une progression plus lente… mais parfaitement assumée
Là où certains joueurs explosent à 18 ou 19 ans, Arthur Fery accepte de prendre son temps.
En 2025, il remporte sa première victoire en Grand Chelem en battant Alexei Popyrin à Wimbledon, décroche son premier titre Challenger puis découvre la Coupe Davis avec la Grande-Bretagne.
En 2026, il franchit un nouveau cap :
- deuxième tour à l’Open d’Australie après être sorti des qualifications ;
- quart de finale au Queen’s ;
- puis l’explosion à Wimbledon.
Le conte de fées de Wimbledon 2026
Invité par les organisateurs grâce à une wild-card, Arthur Fery ne devait être qu’un simple outsider.
Il est devenu l’un des visages du tournoi après avoir éliminé Damir Dzumhur, Otto Virtanen, Zizou Bergs, Grigor Dimitrov et enfin Flavio Cobolli pour s’offrir sa première demi-finale en Grand Chelem.
Ce parcours lui permet :
- d’intégrer le Top 100 mondial à la 36e place au minimum ;
- de devenir le joueur le moins bien classé à atteindre les demi-finales de Wimbledon depuis Goran Ivanisevic en 2001 ;
- et la première wild-card britannique de l’histoire à rejoindre les demies d’un Grand Chelem.
Le voisin de Wimbledon
L’histoire est encore plus belle lorsqu’on connaît son enfance. Arthur Fery habite toujours près du All England Club.
Pendant le Queen’s puis Wimbledon, il peut dormir… chez lui.
« J’ai grandi à dix minutes d’ici, racontait-il après sa victoire contre Otto Virtanen. Chaque fois que je regarde dans les tribunes, je vois des amis, des membres de ma famille ou des visages que je connais. »
Une situation extrêmement rare sur le circuit ATP où les joueurs passent la majeure partie de leur saison dans les hôtels.
Un joueur plus intelligent que puissant
Du haut de son mètre 75, Arthur Fery ne possède pas la puissance des plus gros cogneurs du circuit.
Sa force se situe ailleurs.
Leon Smith, capitaine britannique de Coupe Davis, louait déjà son « QI tennis », tandis que ses entraîneurs mettent régulièrement en avant sa qualité de déplacement, son retour de service et sa lecture du jeu.
Lui-même estime que son retour de service est l’une de ses principales armes.
Le nouveau chouchou du public britannique
En quelques jours seulement, Arthur Fery est devenu le dernier représentant britannique encore en lice à Wimbledon.
Kate Middleton est venue assister à l’une de ses rencontres. Les médias britanniques le surnomment déjà « King Arthur ». L’inconnu est devenu l’attraction du tournoi.
Il y a encore un an, Arthur Fery évoluait loin du Top 100.
Aujourd’hui, il dispute une demi-finale de Wimbledon devant son public, sur les courts où il venait enfant regarder ses idoles.
Son parcours rappelle qu’il n’existe pas une seule voie vers le très haut niveau.
Alors que beaucoup de joueurs choisissent de devenir professionnels dès leur adolescence, lui a préféré terminer ses études, grandir aux États-Unis avant de rejoindre le circuit.
À 23 ans, cette patience semble aujourd’hui porter ses fruits.
Le voisin de Wimbledon est devenu l’une des plus belles histoires du tournoi.