US Open – Ben Shelton avant sa première finale en Grand Chelem : « Je suis plus confiant que jamais dans mon jeu »

Ben Shelton disputera dimanche la première finale en Grand Chelem de sa carrière après sa victoire contre Frances Tiafoe en demi-finales de l’US Open (4-6, 6-3, 6-3, 7-5). À 23 ans, l’Américain aborde désormais le plus grand match de sa carrière avec une confiance maximale.
Ben Shelton jouera sa première finale en Grand Chelem à l'US Open (Darren Carroll/USTA via Getty Images) Ben Shelton jouera sa première finale en Grand Chelem à l'US Open (Darren Carroll/USTA via Getty Images)
Ben Shelton jouera sa première finale en Grand Chelem à l'US Open (Darren Carroll/USTA via Getty Images)

Ben Shelton continue de franchir les étapes à une vitesse impressionnante. Après avoir éliminé Carlos Alcaraz en quart de finale au terme d’un combat de 4h28, l’Américain a cette fois dominé Frances Tiafoe en quatre manches pour décrocher sa toute première qualification en finale d’un Grand Chelem.

Une émotion immense, mais immédiatement contenue. À peine qualifié, Shelton a d’abord pensé à son entourage.

« C’est incroyable d’être dans cette position. Je suis surtout très heureux pour mon équipe, plus que pour moi, parce qu’il y a beaucoup de gars dans mon coin qui ont passé énormément de temps avec moi et consacré leur vie à ma progression, à mon amélioration et à mon tennis. »

Mais le jeune Américain ne veut pas considérer cette finale comme un aboutissement.

« Évidemment, nous n’avons pas terminé ici. Le travail n’est pas fini. »

« Je suis plus engagé que je ne l’ai jamais été »

Cette progression mentale s’accompagne selon Shelton d’une évolution plus globale dans son quotidien. Son père et entraîneur, Bryan Shelton, évoquait notamment sa maturité et sa discipline grandissantes.

Ben Shelton confirme que les changements concernent désormais tous les aspects de sa carrière.

« C’est tout. Les émotions, la manière dont je m’entraîne, la façon dont je pratique, puis la manière dont je joue les matchs, ma capacité à rester concentré, mes habitudes de sommeil, mon alimentation, tout. »

Il estime que le très haut niveau impose une exigence permanente.

« Il faut être excellent dans chaque catégorie pour devenir champion dans ce sport. »

Et son engagement n’a selon lui jamais été aussi important.

« Je suis le plus engagé que je ne l’ai jamais été dans ma carrière de tennis, dans le fait de devenir la meilleure version possible de moi-même. »

Shelton assure avoir toujours énormément travaillé, mais considère que ses plus gros progrès récents se situent justement dans tous ces détails qui entourent le jeu.

« Je suis un joueur différent »

Reste désormais Alexander Zverev. L’Allemand représente jusqu’ici l’un des problèmes les plus difficiles à résoudre pour Shelton : cinq confrontations, cinq défaites.

Mais l’Américain refuse de voir ce bilan comme une fatalité.

« Résoudre des problèmes a été le thème de ce tournoi. J’étais à 0-1 contre Stef, 0-3 contre Carlos, et Foe m’avait battu la dernière fois que nous avions joué sur ce court. »

Autrement dit, Shelton a déjà renversé plusieurs tendances négatives au cours de cette quinzaine.

« Il y a eu beaucoup de combats à mener en étant mal parti, donc je suis totalement prêt à relever le défi et à trouver des solutions. »

Et surtout, il ne se considère plus comme le même joueur que lors de ses précédents matchs face à Zverev.

« J’ai le sentiment d’être un joueur différent. J’ai l’impression d’avoir beaucoup plus d’armes. »

La connaissance de son propre jeu a également évolué.

« J’ai le sentiment de connaître mon identité, d’être à l’aise avec qui je suis, et je sais ce qu’il me faut pour jouer mon meilleur tennis. »

Avant d’ajouter la déclaration la plus forte de sa conférence :

« Je sais ce qui m’attend et je suis aussi plus confiant que jamais dans mon jeu. »

Zverev, un défi totalement assumé

Shelton sait pourtant exactement à quel type de défi il va être confronté. Zverev est tête de série n°1, déjà champion en Grand Chelem cette saison et disputera sa troisième finale majeure consécutive après Roland-Garros et Wimbledon.

Mais Shelton préfère voir cette situation comme une opportunité.

« Je joue contre la tête de série n°1, dans une finale de Grand Chelem, contre un champion en Grand Chelem, en essayant de remporter mon premier. »

Une configuration qui ne semble pas l’effrayer.

« Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles c’est un moment que j’apprécie. Savoir que je peux tout laisser sur le court, me pousser jusqu’à ma limite absolue de toutes les manières possibles et voir ce que je peux faire est une pensée très excitante. »

La pression, elle, sera forcément présente.

« Les nerfs sont toujours là. C’est quelque chose qu’il faut accepter. »

Mais Shelton assure ressentir cette tension dès les premiers tours.

« Les nerfs sont autant présents au premier tour pour moi qu’en demi-finales, et je suis sûr que ce sera pareil en finale. »

Cette finale représente pourtant un moment historique à plusieurs niveaux. Shelton tente de devenir le premier Américain à remporter un Grand Chelem en simple messieurs depuis Andy Roddick à l’US Open 2003.

« Je peux penser à quel point ce moment est incroyable et à ce pour quoi je joue. Ce sont des moments que je veux chérir, que je ne veux pas prendre à la légère. Mais en même temps, j’aborde les choses de manière très professionnelle. »

Des progrès dans presque tous les secteurs

Malgré cette finale, Shelton ne pense pas avoir atteint un niveau définitif. Il identifie encore de nombreux domaines dans lesquels progresser, tout en estimant que certaines pièces essentielles du puzzle commencent désormais à s’assembler.

« J’ai encore l’impression d’avoir énormément de chemin à parcourir dans beaucoup de catégories. »

Mais plusieurs progrès sont déjà visibles.

« Le retour de service, la stabilité depuis la ligne de fond, même mon service, la manière dont je construis mes jeux de service s’est améliorée, ainsi que ma capacité à rester concentré pendant de longues périodes. »

Des éléments qui expliquent en partie son parcours à New York.

« Ce sont toutes des choses qui se sont assemblées et qui m’ont aidé à jouer au niveau auquel je joue actuellement. »

Mais Shelton ne veut surtout pas perdre ce qui l’a conduit jusque-là.

« La quête et la faim de progresser, de trouver des moyens de m’améliorer, font simplement partie de qui je suis et c’est quelque chose qui ne changera jamais. »

Dimanche, il tentera désormais de transformer cette progression en premier titre du Grand Chelem.

Face à Zverev, un adversaire qu’il n’a encore jamais battu, Shelton devra une nouvelle fois résoudre un problème inédit.

Mais après Alcaraz puis Tiafoe, l’Américain arrive au dernier match du tournoi avec une certitude nouvelle : il se sent aujourd’hui mieux armé et plus confiant que jamais.

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