À 20 ans, Arthur Fils est déjà le numéro 1 français et l’un des grands espoirs du tennis mondial. Mais au-delà de son classement, c’est son discours qui frappe : sans filtre, sans excès, mais avec une lucidité rare pour son âge. Fils ne se fixe aucune limite et assume totalement son parcours, ses erreurs, et sa manière d’apprendre.
Ne lui parlez pas d’âge
Interrogé par Frédéric Verdier pour Eurosport, sur sa génération, Arthur Fils balaie d’un revers toute forme de complexe : « Quand tu vois Wemby, Léon Marchand ou Désiré Doué… ils n’ont pas peur. Et c’est justement quand on n’a pas peur, qu’on est les meilleurs. »
Dans le tennis aussi, l’âge est pour lui un faux débat : « Si tu vas en quart à Roland à 17 ans, personne ne va te dire que c’est à cause de ton âge. Et si tu perds au premier tour, ce n’est pas une excuse non plus. »
Une mentalité tournée vers l’instant
Arthur ne veut pas attendre sagement son heure. Il préfère foncer : « Ok, j’ai du temps. Mais si je peux avoir des choses maintenant, je ne vais pas me gêner. »
Il a déjà compris une des lois du circuit : l’importance des premiers tours. « C’est là que tout se joue. Si tu passes à côté, ta semaine est foutue. »
Ivan Cinkus, un coach qui dit les choses
“Tu ne comprends rien au tennis !”
Depuis sa collaboration avec Ivan Cinkus, Fils a changé de rythme : plus de rigueur, plus d’intensité, plus de vérité aussi : « Il est droit. Il te dit ce qu’il pense, et tu l’acceptes. C’est parfois dur à entendre, mais c’est pour avancer. »
Une manière de faire qui lui rappelle son ancien entraîneur, Jérôme Potier, qui ne cessait de lui rappeler que Tricolore ne comprenait rien au tennis. Ce à quoi, Fils répond qu’il avait raison.

L’inspiration Monfils
Dans les coulisses du circuit, Fils s’inspire aussi de Gaël Monfils, qu’il côtoie régulièrement : « Il m’a parlé de ses entraînements, de l’intensité qu’il mettait. Je m’en inspire. Chaque séance doit avoir un objectif. »
Il avoue aussi s’améliorer sur les à-côtés : récupération, hygiène de vie, discipline car « avant, je pensais que je pouvais manger plus tard, me coucher plus tard. Là, j’essaie d’être plus sérieux. »
Un joueur qui aime l’adversité
“Je joue pour affronter les meilleurs. Je veux être sur les plus grands courts, face aux plus grands joueurs.”
Ce qui motive Arthur, ce n’est pas le confort. C’est le défi. Perdre ne lui plaît pas, même contre les cadors : « Même si je perds 7-6 au 3e contre le numéro 1 mondial, ça m’énerve. Mais je suis capable de prendre du recul. »
Sur la tournée américaine (quarts à Miami et Indian Wells), il ne retient pas ses deux défaites : « Je gagne six matches sur huit. Et je perds contre Medvedev et Mensik, qui gagne le tournoi. C’est plutôt bon signe. »
