Iga Swiatek avant Roland-Garros : « Est-ce qu’on est des esclaves ? »

Avant Roland-Garros 2026, Iga Swiatek est revenue sur sa saison difficile, la pression, son rapport à la domination et les tensions entre joueurs et tournois.
Iga Swiatek en conférence de presse avant son entrée en lice à Roland-Garros (Daniel Kopatsch/Getty Images) Iga Swiatek en conférence de presse avant son entrée en lice à Roland-Garros (Daniel Kopatsch/Getty Images)
Iga Swiatek en conférence de presse avant son entrée en lice à Roland-Garros (Daniel Kopatsch/Getty Images)

Pour la première fois depuis longtemps, Iga Swiatek arrive à Roland-Garros dans une position inhabituelle. Quadruple vainqueure du tournoi parisien, la Polonaise n’a toujours atteint aucune finale en 2026 et pointe seulement à la 10e place de la Race, malgré son statut de n°3 mondiale.

Une situation nouvelle pour celle qui a dominé la terre battue ces dernières années, mais qui ne semble pas bouleverser son approche à quelques jours du début du tournoi. En conférence de presse, Swiatek a abordé son état d’esprit, la pression liée à ses années de domination, mais aussi les tensions grandissantes entre les joueurs et les Grands Chelems.

« Je suis vraiment heureuse d’être de retour ici »

Malgré une saison jusque-là bien en dessous de ses standards habituels, Swiatek assure arriver à Paris avec de bonnes sensations : « Je suis vraiment heureuse d’être de retour ici. »

La Polonaise a notamment insisté sur l’importance des derniers ajustements réalisés à l’entraînement avec le changement brutal des conditions météorologiques : « Les conditions ont changé aujourd’hui avec la chaleur, donc les entraînements vont être différents de ceux d’il y a deux jours. »

Après une tournée sur terre battue irrégulière, sans finale ni véritable domination, Roland-Garros représente forcément un moment charnière pour la quadruple championne parisienne.

Une reine de Paris… mais sans domination

Depuis plusieurs saisons, Swiatek arrivait Porte d’Auteuil avec une forme presque terrifiante sur terre battue. Cette année, le contexte est radicalement différent.

Éliminée prématurément à plusieurs reprises, loin de sa domination habituelle, la Polonaise semble toutefois avoir retrouvé un peu de confiance dans son jeu récemment : « Cette année, après quelques bons matchs, il y a une atmosphère plus positive. »

Elle a d’ailleurs comparé son ressenti actuel à celui de l’an dernier après Rome : « L’année dernière, mon tournoi de Rome avait été une vraie douche froide. Je me sentais terrible sur le court. »

Cette fois, elle estime avoir accumulé davantage de repères avant d’arriver à Paris : « C’est bien d’avoir quelques matchs solides derrière soi et d’arriver au tournoi avec ça. »

Mais malgré son immense palmarès à Roland-Garros, Swiatek refuse de considérer cette édition comme acquise : « Il faut rester humble et savoir qu’il faudra se battre à chaque match. »

L’un des sujets les plus intéressants de cette conférence a concerné son rapport à la domination et à la pression mentale.

Car même lorsqu’elle écrasait le circuit sur terre battue, Swiatek explique qu’elle ne vivait pas forcément cette période comme quelque chose de simple : « Même quand je dominais, je pouvais parfois me sentir très anxieuse. »

La Polonaise a notamment évoqué la pression énorme ressentie en 2023 : « Je n’ai jamais été aussi anxieuse qu’en 2023. »

À l’inverse, elle explique avoir vécu 2024 dans un état mental beaucoup plus libre, avant de faire le triplé Madrid – Rome – Roland-Garros : « En 2024, j’étais simplement dans ma bulle. Je profitais vraiment. »

Swiatek monte aussi au créneau contre les tournois

Comme plusieurs grandes figures du circuit ces dernières semaines, Swiatek s’est également exprimée sur les tensions entre joueurs et organisateurs de Grands Chelems.

Depuis plusieurs mois, un collectif réunissant notamment Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, Aryna Sabalenka ou Coco Gauff réclame une meilleure redistribution des revenus ainsi qu’un dialogue plus ouvert avec les tournois.

Interrogée sur la limitation volontaire des médias décidée par certains joueurs à Roland-Garros, la Polonaise a défendu cette démarche : « Nous ferons davantage lorsque les tournois feront davantage pour nous. »

Elle a également rappelé que ce combat dépasse largement le cas des stars du circuit : « Ce n’est pas seulement pour les meilleurs joueurs, mais aussi pour les joueurs moins bien classés et toute la structure du tennis. »

« Est-ce qu’on est des esclaves ? »

Le moment le plus fort de cette conférence est probablement arrivé lorsqu’elle a été interrogée sur les critiques du directeur du tournoi de Dubaï après son forfait plus tôt cette saison.

Ce dernier avait évoqué l’idée de sanctions extrêmement lourdes contre les joueurs qui se retirent tardivement des tournois : « Je pense qu’il devrait y avoir des sanctions plus sévères. Pas seulement des amendes, mais un retrait de points au classement. »

Une idée que Swiatek a balayée avec une réponse très forte : « On a le droit de se retirer quand on veut. Je ne vois pas le problème. »

Avant de lâcher une phrase particulièrement marquante : « Est-ce qu’on est des esclaves ? »

La Polonaise a rappelé que les joueurs subissent déjà une sanction sportive importante lorsqu’ils déclarent forfait : « On reçoit zéro point au classement. C’est déjà une punition. »

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